À ton avis ? Un enquête de mars 2026 le démontre... (DIVERTISSEMENT) ~ di Pascal Fioretto - TeclaXXI

Divertissement  


À ton avis ?

 Une enquête de mars 2026[1] le démontre : les avis en ligne influencent nos opinions, nos décisions et nos achats. Si vous êtes d’accord, likez cette page.


Canva progetto JS©2026

 

Je ne sais pas comment est votre frigo mais moi, le mien, il a une super côte sur Boulanger.com (4,79 étoiles) et des commentaires dithyrambiques : « Dégivrage et nettoyage faciles », « Le livreur était musclé et à l’heure »,

« Satisfait. Il rentre dans la cuisine ». Même si, bien entendu, sur 567 clients, à côté des ravis, il y a toujours des grincheux : « Déçue. Ne correspond pas à mes attentes pour la congélation de nourrissons ». C’est donc pour sa bonne réputation que je l’ai choisi et pour exprimer ma joie que je lui ai mis 5 étoiles bien méritée. Et comme ça, les prochains qui chercheront le frigo de leurs rêves sauront lequel acheter.

Dans son essai La civilisation du commentaire[2], Mara Goyet analyse cette tendance mondiale à noter nos contemporains : les chauffeurs Uber (« Nul. RMC pendant tout le trajet »), les profs (« Trop cool. Je veux redoubler »), les dentistes (« Conforme à mes attentes en matière de douleur »), les coups d’un soir (« Pas mal mais ne vaut pas les 60 euros du ciné et du restau préliminaires »)…

Elle remarque que, désormais, les expériences les plus intimes font également l’objet d’avis (plus ou moins) vérifiés par Trustpilot. Et chacun peut ainsi partager ses goûts, ses dégoûts, son ressenti. La Chapelle Sixtine (« Très belles couleurs au plafond mais trop de japonais »), Les Misérables (« Livraison Chronopost nickel mais trop de pages à lire»), le coma (« Très déçue par le tunnel lumineux du début »).  

Sur la question : « Faut-il laisser n’importe qui commenter tout et n’importe quoi ? », les avis divergent. Umberto Eco déplorait qu’un abruti ou un Président américain à casquette ait désormais, grâce à Internet, la même audience qu’un prix Nobel. Mara Goyet, elle, pense qu’il faut au contraire laisser les vrais gens s’exprimer car la vérité est au fond du bon sens près de chez vous.

  Je suis finalement plutôt d’accord avec elle depuis que j’ai essayé de poser une tringle. Car, rappelons-le, les objets aussi, ont droit à leurs étoiles. Ils ont même des groupes d’Internautes fans ou détracteurs qui naissent spontanément pour en discuter les mérites. Si, donc, au lieu de me draper dans mon mépris de classe envers les bricoleurs analphabètes, j’avais lu leurs avis avant d’acquérir chez Leroy-Merlin une tringle autobloquante sans perçage Fuji, je ne l’aurais pas achetée. Ou je l’aurais mise à la poubelle tout de suite. Hélas, dédaignant les « commentaires produit », ce n’est qu’après 2 heures d’essai, un torticolis et quelques gouttes de CBD pour me calmer que je me suis décidé à aller voir la note obtenue par la tringle sur Leroymerlin.fr : 3,3/5 (la honte !). Et j’ai ainsi découvert, mais un peu tard, que 54 internautes étaient dans le même état que moi : « Je vé péter un cable », « Ne tien même pas le rido et a sali le mur »…

Depuis, je n’achète plus une crème brûlée, un aspirateur sans fil ou une poupée Shein sans vérifier ce qu’en pensent les utilisateurs.

 

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         N.B. Alcuni errori ortografici sono deliberati.

[1] The Impact of Online Reviews (Journal of advance and future research)

[2] Gallimard – Mars 2026

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PASCAL FIORETTO 

BIONOTA

Pascal Fioretto est l’auteur de recueils de pastiches littéraires à succès (Gay Vinci Code, Et si c’était niais, L’élégance du maigrichon, La joie du bonheur d’être heureux, Mélatonine, L’anomalie du train 006) dans lesquels il dresse, en virtuose, le portrait - parfois cruel, toujours hilarant - de la scène littéraire contemporaine. Celui que l’on a qualifié de « génie du pastiche » (L’Obs) et de « trublion des lettres » (Le Figaro Magazine) vit et travaille à La Rochelle. Il vient de publier Laisse couler l'amour... et ton cœur débordera (Le Cherche Midi, 2025).

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